Pas de vérité.

Pas de vérité.
La volonté, la détermination, le désir, rien ne peut changer l'évolution d'un homme, les actes d'une femme, les paroles d'un enfant. Chaque erreur, chaque mot, chaque geste a ses conséquences et sa conscience. Elle regardait les autres, mettait des fleurs et des strass dans ses cheveux. Le monde s'ouvrait à elle et elle montait courageusement les marches qui s'offraient à son chemin. Elle oubliait lâchement le passé vertigineux, qu'elle laissait derrière elle, passé qui pouvait la rattraper à chaque instant. Les miroirs vieillissent et perdent forme, seule enfin reste la vérité dissimulée maladroitement derrière quelques croutes affublées de leur gouache. Que lui restera t-il, lorsque les pieds flegmes, bien enfoncée dans ce sol qu'elle avait tenté d'abandonner, il ne lui restera même plus le c½ur et les larmes pour pleurer...
Puisqu'elle aveugle l'horizon et clos les colloques, que dans son c½ur rien n'est parvenu à demeurer, pourrait elle encore comprendre que je n'ai pas réussi à amnistier et que de ses fers ils ne me restent que les cloques. Que les paroles et leurs maux m'effrayent, pire, me blessent et me saignent. Et ce silence pénible qui m'assassine... Dans mes abîmes, le poignard creusant et limant les os qui me dessinent, continu sa course et se hâte de me haïr. Et tu barricades ta raison dans cette prison qu'est la bêtise, je me meurs tu sais, tu ignores, tu méprises, et de ton emprise ignoble je ne sais que dire. Folie... Que de t'aimer encore ? Par le passé sans doute car ton souvenir n'est pas mort. Il vit en moi encore et subsiste en hélant à l'aide dans un antan que je ne pourrais plus jamais gagner, toi tu le sais. Et tu m'ignores encore, que dire, tu m'abhorres ? Pour une raison que nulle ne saisit, pour des jugements hâtifs et jours qui fuient... Mais grandira-t-elle un jour, la fille que j'eusse reconnu, aux travers de ces yeux qui aujourd'hui me mutilent et me tuent...

Espoir... Toujours Espoir...


Txt & Pics by Moiteaux Lise Copyright.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 19 novembre 2009 12:39

Modifié le mardi 24 novembre 2009 18:08

Les jeunes affranchis.

Les jeunes affranchis.
Un pincement au c½ur, les images et les sons refont surface. Là-bas au fond du couloir la porte n'est pas si loin derrière nous. Elle nous avait pourtant affranchis de nos souvenirs ; nous courrons à regret vers un futur que nous ignorons accompagnés de désir constant de tourner les yeux au-dessus nos épaules alourdies. Jour après jour, de déception en déception, quelle victoire aurait-on à dérober à ceux qui ne savent pas ce qu'est la défaite ? Quelle résignation nous fera tenir le bout de la corde à laquelle nous nous cramponnons ? Alors qu'une force mystérieuse et infime nous cloue à vif au-dessus du gouffre de l'existence, nos mains se lient et se retiennent. A flambeaux timides nous guidons notre chemin, et si l'un d'entre eux s'étouffe je lui donne volontiers le miens. Ils étaient beaux ces hommes de lettres, ces philosophes, ces poètes, tous ceux là même qui ne nous comprennent plus aujourd'hui et dont les échos transcendent encore la plénitude de la nuit.

Lise Moiteaux.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 01 septembre 2009 05:10

Frénésie Céleste

Frénésie Céleste
Le regard rivé vers le ciel, elle crie aveuglée par ces myriades d'étoiles suspendues au-dessus de sa tête. Le chant de l'ombre appelle les créatures opiniâtre de la lumière à se hâter vers leurs abris de mousse et de soie, le ballet va commencer. Valse mortuaire, le reflet des astres danse, miroite et se perd dans le néant. Déjà le visage se ride, se grise, elle sait l'illusion de ces lueurs splendides qui crible son c½ur de balles. Une, deux, puis trois mirages rentrent en piste et la voute céleste se fait scène de feu. Qui osera plutôt avouer le réalisme de l'éphémère à la splendeur de la paréidolie permanente ? Univers ! Vaste trompe-l'½il que le passé dévore et malmène, tu as joué ton jeu et ils ont perdu de vue la vérité. Croient à l'infini et oublient le fugace. Mais cette nature qui leur ment, ne lui doit-on pas la beauté du mythe ? Allégorie de ce monde, chaque jour un membre du rêve s'éteint. Combien d'homme sur terre et d'étoiles dans le ciel ? Qui sait... l'ignorance fait la beauté des légendes.

Elle crie ce silence à travers les yeux atterrés de l'innocence, le jour pointe à l'horizon, il est temps pour elle de rejoindre les amblyopes de la voie lactée. Demain sera un autre jour, mais le ciel ne change ou ne changera jamais ?...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 31 août 2009 06:04

Hold On

Hold On
Prouesses fortes, qu'émergent en vos yeux écarquillés,
Masques tombant, la candeur donnée morosité.
J
uge sur le monde, magistrat sur la vie,
Im
pose à votre présent ses doses de sursis.

Vi
revoltante la mémoire est fumée,
Dansante sur nos esprits et sur nos passés.
Lois universelles, amour de cette contrainte
Et sous toutes ces fenêtres quelque acerbe teinte...

Au
loin tu veilles, mais impuissant sur cet empire
N'espères donc pas le mieux, mais ne craint pas le pire,
Tu es la flamme qui brûle parmi toutes cendres

Sourire aux lèvres tu es ce que j'espère ici
P
rince au-delà des ténèbres, l'espoir, ma survie
U
n unique mot en suspension ... un « attendre »...

# Posté le mardi 06 janvier 2009 06:04

L'antre de l'insouciance.

L'antre de l'insouciance.
[à lire en écoutant « Blue Sunday » The Doors.]


Enfi
n s'amoncèlent à nos pieds l'écume des ouragans éphémères. Ô mon âme, le voyage fut si court et le temps imperceptible ! J'ose à peine entrouvrir en moi-même le portail de ce monstre vorace... Créature fantasmagorique que le dieu Amour autorise, sans muselière, à traquer mon esprit troublé. Pays des rêves où la modération n'existe plus, tu me hantes, me tire vers tes profondeurs. Et la fuite est si tentante lorsque l'épave de nos frêles esquifs, aimantés par le bout du monde, nous guide vers le précipice de nos inconsciences. Enfin faut-il que je sois dément, pour admettre devant le ciel cristal, où le vide n'est que tromperies, les quelques failles que recèle ma folie ? Lorsque le vent glacial semble mettre feu aux cierges de la religion de nos regards, par mégarde le métronome de nos corps semble raisonner dans le gouffre de mes espérances. Il chante en moi les paroles d'une mélodie aussi tenace que fascinante, et doucement ses attraits me guident vers le sommeil de mes doléances. Tout en moi repose, le cosmos des songes vient à ma portée, et nos corps épris refusent d'écouter le stratagème de ma dénégation, lorsque dans leurs transports le vif devient alors écervelé. Ô tu en connais mieux que moi les effluves, lorsque le narcotique de nos instincts vient prendre son empire sur l'aveu de nos poésies célestes et langoureuses, et répand dans nos veines la poudre de nos envies. Ô mon amour, entends- tu hurler en toi le versant de nos humeurs chimériques !? Lorsque dans l'ombre le ciel obscur nous aveugle de ses lumières imperceptibles, que notre monde à parcouru des milliers de kilomètres sur l'orbite de ses appartenances... Sourds, alors que nos lucidités éparpillent leurs comètes dans les cieux de nos âmes, le grondement paraît alors bercement aux ouïes de la cible du chaman... Tu es ton dieu, comme tu es ton prophète, et celui qui croît en ton éclat aura sans doute perdu la tête. Ses peurs se sont évanouies dans le néant de sa mémoire, et le présent semble perdre ses rythmes et ses mesures. Les voix éternelles emportent avec elles le cauchemar de paroles inaudibles mais tant désirées. Torture suprême, que de ne savoir dire où chuchoter l'évangile de nos aspirations, lorsque apparaissent resplendissantes les flammes de nos brasiers. Elles écrivent dans le livre de nos encéphales, les fracas de nos incapacités ou plutôt de notre refus à la réflexion. Le centre de la terre tourne encore sur lui-même, et les cendres de son passé laissent place au remous de ces éléments désarticulés. Le ciel, lui, reste froid, vaste, immense et inconnu... C'est en perdant le nord que l'on recouvre la vue...

Lise Moiteaux.




# Posté le vendredi 01 août 2008 14:41

Pompeuse fraicheur.

Pompeuse fraicheur.
La bise caressait le myosotis. 11
D
e son vif bleuté, apportait les épices, 11
D
e sa douceur et de toutes ses magnificences. 12
E
xhibant en nous-mêmes de nouvelles essences.12

Et
endue au sol, sous les assauts du vent 11
M
on regard tourné vers les Saules ballotant ; 11
Le
bois des sycomores me supplie, silencieux, 12
D'
aller me hâter à méditer auprès d'eux. 12

F
raiche geôle que fut le bois intérieur, 11
Q
uand il cajole les sens de sa demeure, 11
Po
ur en faire jouir cet habitant obli12
De tourner dans le sens de saali. 12

Puis une main dans ses fraiches mèches verdoyantes, 11
L
'aveugle se fait à présent la voyante. 11
Le
muet redécouvre à nouveau la musique, 12
Q
u'alors, lui procurent ses paysages bucoliques. 12


Li
se Moiteaux.

[Ecrit en écoutant: Planet Caravan, Black Sabbath]

# Posté le mercredi 16 juillet 2008 13:37

Pourquoi l'océan.

Pourquoi l'océan.
Je suis née près de l'eau, et ma bile est un peu noire, je l'avoue. Une multitude de chose me relie à cet élément. Mon être est tourmenté sans cesse, et je suis assenée de questions venant de tout part. Je suis moi. Cette étudiante qui refuse de faire partie du décor, mais qui doit malgré tout s'agenouiller. J'aime la vie, même si j'ai l'impression d'en payer un peu trop le prix. Pourtant au travers de tous ces poèmes, tous ces textes que je relis de temps à autre, je ne vois pas toujours ce que j'aimerais voir de moi-même. Je n'ai d'ailleurs pas la moindre idée de ce que j'aimerais y apercevoir. Pourtant je n'y trouve pas de haine, et je ne m'avoue pas exprimer de la peine. Mais plutôt une ranc½ur étrange dont je ne sais que faire, et qui fonde de mon écriture un recours pour expier mon mal être. Un mal être que je ne parvient pas à nommer, si ce n'est par la formulation de « trop aimer ». Il est vrai que cela peut sembler bien benêt, ainsi je me refuse de vous en discuter. Derrière un masque je dissimule cette partie vulnérable, comme une coquille mince à travers laquelle on ne peut voir mais l'on peut blesser. Toujours les même couleurs en mon cerveau, tournent le film muet d'une vie que j'apprécie mais dont je ne sais pas pleinement profiter. Ou plutôt si mince est le profit dans mon deal avec celle-ci... Et j'ai l'espoir de meilleur récolte, une fois les orages passés. Comme l'océan, balancé entre creux et sommet de la vague, un remous qui donne la nausée lorsqu'il se manifeste. Oui, je lui ressemble. Elle ne surplombe pas et rare sont les zones en dessous de son niveau. Immergeant ceux qui veulent se noyer. Se faisant violence face à la falaise, elle percute avec entrain contre les parois de sa folie. Sa prison n'est qu'illusion, et sa puissance n'a d'égale que son chaos. L'ordre n'est que par sa volonté, et face aux obstacles elle a du mal à accepter de se plier. Elle n'aime pas les échecs... Et qui donc les aimerait ? Les larmes ont parfois ce gout salé, chargé en sel à en faire vomir les c½urs les plus accrochés, comme des milliers de corps vidés de leur sens lacrymal. Elle ne pleure pas...Elle est l'eau. La mer est pathétique, elle n'est toujours qu'eau, pourtant elle nous semble parfois, par sa teinte, exotique. Mais ce n'est qu'un reflet bien travaillé, car elle envie le ciel et dans ses vagues monumentales, tente de le rejoindre. Son amant l'abreuve et elle a besoin de son eau, et sa pâleur n'a d'égale que celle de celui qu'elle regarde. Pourtant il est inaccessible et elle peine à s'élever sans jamais y accéder. Deux mondes se côtoient, et les éléments placides parfois se réveillent. Ses ressources semblent inépuisables, et pourtant vainement elle se fatigue, se laisse salir et tuer de l'intérieur par ceux qui n'ont rien compris à son existence. Elle attire mais effraye et repousse, de ses écumes et de son semblant de possessivité qui étouffe, mais qui berce pourtant. Elle se fait parfois discrète mais peine à dissimuler ses pas de géant, et noie sans le vouloir celui qu'elle berçait tendrement. Fidèle, toujours au rendez vous, pourtant elle se fait attendre. Quelque part elle s'isole, lorsque courant vers le fonds, à la marée venue elle court vers l'horizon. Elle a ses heures, mais reviens toujours, sa cellule est son éternel retour. Ses profondeurs semblent inaccessibles et obscures, pourtant elle héberge en son corps la plus fertile des natures, mais elle se cache pour éviter aux hommes de lui infliger la blessure. Puis exploitée, épuisée par ses insuffisants efforts... Elle préfère dissimuler ce qui lui reste encore. Pourtant elle continue de donner, sans jamais prendre empire sur ceux qui ne cessent de lui dérober. L'homme fait semblant de ne pas saisir les mystères, s'il ne les voit pas c'est bien qu'il a choisi ce qu'il en préfère... Car la mer emporte avec elle, le vol des oiseaux qui trop sûr d'eux, se sont brisés les ailles dans la puissance de ses eaux.
Lise Moiteaux

# Posté le jeudi 10 juillet 2008 09:37

Modifié le mardi 15 juillet 2008 18:55

Missive capricieuse.

Missive capricieuse.
Si je détenais encore cette impétuosité en mon être, alors, j'aurais eu sans nulle doute une aubaine pour m'extirper de cette disposition indicible, dans laquelle je me suis embourbée. Mais qu'avouer, qu'admettre lorsque sans mot dire, tout est déjà réfléchi et clos. Je le vois. Est-ce trop enfin ? De me cramponner à cette faim languissante sans aucune fin définie à toutes mes attentes. Je le sais. Mais deux mots, double jeu, duo ineffable dont pouvons nous véritablement, donner un sens à long terme ?... J'abuse de moi-même, de ce corps blême duquel je n'oserais, non par pudeur mais par peine, délivrer de poème. Poème !? Dédier à un si pitoyable emblème ?... Car c'est l'opposé que j'adule, et de cette affection qui lentement s'accumule je n' empoigne que de fines bulles, si éphémères, si lointaines... Car derrière de si cours souvenirs, sa coupe, à lui, semble pleine. Et ce vin dont il s'abreuve, à mes yeux, semble si pur et l'encense, alors qu'arborant les sentiers battus, je larmoie au milieu de leur ignorance. D'étincelant vestiges aux goûts de stupéfaction remémorent en moi les prestiges de ces quelques moments de délectations. Si distante, le regretterais-je aujourd'hui, de ne pas être parvenue à me maintenir auprès de lui... Stigmates qui semblent à mon c½ur les seuls instants qu'à ce jour, je m'ose d'intituler bonheur et même amour. Je fonds de me convier aux sens de ma mémoire, j'y noie de déboire et d'insomnie, les cadavres d'un amour dont je n'ai par encore fini de payer le prix. Et mon âme pénétrée par l'affliction d'une passion tyrannique, doit surmonter chaque jour l'humiliation de cette indifférence chronique. Ce n'est pas de nescience que je m'étiole, mais ma frénésie pour toi, tu ne le sais guère, me rend folle. Ou peut-être t'opposes-tu à le voir ou est-ce simplement moi qui me refuse d'y croire... Ainsi soit-il. Pourquoi rêver à de telles inspirations, pourquoi s'imposer de subir de telles tribulations ? Lorsque tout semble résolu, que l'on ne peut revenir sur ce qui est déjà vécu. Que dire encore dans ces mots si impersonnels, alors que le monde et toi-même resteront sourds à mes appels...

Lise
Moiteaux.

# Posté le jeudi 03 juillet 2008 14:13